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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 16:04


Se tenait, ces derniers jours à Paris, Porte de Versailles, l’édition 2007 du Salon du livre. L’occasion pour moi de rendre visite à Ramon qui y effectua son stage comme animateur du site web.

http://www.salondulivreparis.com/


Que trouve-t-on dans un salon du livre ? Tout d’abord les grandes maisons d’édition française, la presse, des éditeurs francophones et plus généralement tous les amoureux du livre.

 

Cette année, l’Inde était l’invitée d’honneur du salon. L’Inde compte en effet une population francophone dynamique mais aussi une histoire littéraire et poétique très riche. Ce fut un dépaysement coloré que de croiser dans les allées des visiteurs en saris.

 

Pour ma part, j’ai choisi d’avoir un œil amusé en arpentant le salon. Amusé tout d’abord par ce grand marché, ces auteurs, ces stands et le public mais amusé également de savoir quelle place était faite à l’édition numérique dans l’édition 2007.

 

Commençons donc par le petit bout de la lorgnette et les instants pris sur le vif. L’Inde étant à l’honneur, le salon VIP pris le qualificatif de « sérail » manière élégante et illustrative de désigner le 6ième arrondissement. Le monde de l’édition semble encore une caste parfois inaccessible.

 

La place de plus en plus importante de la bande dessinée sur les stands du salon. C’était presque un Festival d’Angoulême bis avec une très forte présence d’éditeurs de Manga. A ce sujet, notons l’apparition des Mangas chinoises au graphisme superbe mais aux sujets plus lisses.

 

Ce salon ressemble de plus en plus au salon de l’Auto, avec ses grands groupes qui concentrent entre leurs mains de nombreux éditeurs. Flammarion n’est plus un éditeur mais un groupe, qui détient des groupes lui même appartenant au groupe d'édition italien RCS (Rizzoli). Ainsi, dans cette cathédrale consumériste s’affrontent les géants Rizzoli contre Lagardère, sous l’œil amusé des éditions de La Martinière.

Il y a encore quelques années, la FNAC, grand distributeur de biens culturels, était banni du salon. De très nombreuses voix s’élevaient contre le « flingueur » des petits libraires, le « fossoyeur » des éditeurs français. Alors pourquoi cette chasse aux sorcières n’affecte-t-elle pas Virgin ? Pourtant, le fondateur de la marque, sir Richard Charles Branson, n’est pas un célèbre écrivain. Ne cherchez pas ! Virgin appartient au groupe Lagardère qui est aussi propriétaire du groupe Hachette qui détient Calmann-Lévy, les Éditions du Chêne, les Éditions Stock, Fayard, Grasset, Harlequin, Hatier, J-C Lattès, Larousse, Le Livre de Poche, Marabout... Vous suivez toujours ? Et même Pika éditions, le petit éditeur de mangas japonaises à l’hôtesse si sympathique.

 

Nous sommes donc très loin de la littérature. Face à cette inexorable concentration et à cette déferlante capitaliste subsiste toujours un village d’irréductibles Gaulois.


En pleine campagne électorale, chaque éditeur est fier de montrer son candidat ou sa candidate. Je vous laisse deviner qui est le poulain du groupe Lagardère.

 

Continuons notre visite par la rencontre avec les auteurs. Je n’ai pas choisi d’approcher de vrais écrivains mais ceux qui attirent le plus les photographes. C’est un jeu amusant car le photographe attire la foule, qui attire le badaud. Au final, le personnage le plus photographié n’est jamais le plus talentueux, simplement le plus médiatique. Dans cette galerie « people », admirons Jean Dujardin qui dédicace un livre sur L’abbé Pierre, ça casse !!!

 

Ou bien encore, j’ai pu frôler du regard deux êtres revenus du futur antérieur, les frères Bogdanoff, Igor et Grichka, auteur d’une thèse : Fluctuations quantiques de la signature de la métrique à l'échelle de Planck 1999.


J’ai préféré le toujours pétillant astrophysicien Hubert Reeves à peine plus vieux que les frères Bogdanoff. Il présentait avec malice la réédition de son livre : Soleil. Malgré une facétieuse démonstration, je n’ai rien compris.

 

Mon second intérêt en visitant ce salon fut de repérer la place du numérique, passées les frayeurs et les enthousiasmes des années 2000. Alors qu’en 1998, un quart du salon était consacré à l’édition électronique et que chaque éditeur présentait sa production de Cd-rom, d’encyclopédies numériques ou de livres électroniques, en 2007 tout ce futur a disparu.


A croire que tout cela n’avait jamais existé, il m’a fallu toucher un écran plasma pour ne pas rêver et m’assurer d’être en 2007. J’ai fouillé les allées à la recherche d’une borne interactive, conviviale et ludique. J’ai questionné les hôtesses pour trouver un accès à internet. Rien…


Ce n’est pas le minuscule stand GOOGLE, deserté, qui m’a conforté. Non plus que l’antédiluvien système de numérisation de livres qui m’a fait entrevoir le futur. La révolution est ailleurs... mais plus dans ce salon. Alors, avec une pointe de nostalgie, j’ai photographié comme des baleines échouées, ces bornes grises, vestiges d’un futur révolu.


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Published by LEGUAY - dans Actualité
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